Malgré l’annonce, la semaine dernière, d’une levée partielle du blocus humanitaire à Gaza, les habitants de l’enclave continuent d’être privés d’aide en raison des limites imposées par les autorités israéliennes, a déploré vendredi le bureau onusien en charge des opérations humanitaires, dit l’OCHA.
“Gaza est l’endroit le plus affamé de la planète”, a officiellement déclaré Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA, aux journalistes à Genève, soulignant qu’il s’agit du seul territoire au monde où la totalité de la population est menacée de famine.
“L’opération d’aide que nous sommes prêts à déployer est soumise à un carcan opérationnel qui en fait l’une des opérations les plus entravées, non seulement dans le monde actuel, mais aussi dans l’histoire récente”, a-t-il ajouté.
Alors que les frappes israéliennes s’intensifient dans le nord de la bande de Gaza, une aide suffisante pour sauver 200.000 personnes reste bloquée à trois heures de route, dans les entrepôts de l’ONU à Amman, la capitale jordanienne.
Farine, kits d’hygiène, couvertures, médicaments : « Il y a assez de fournitures […] pour venir en aide à plus de 200.000 personnes pendant un mois entier », a indiqué vendredi l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Tout est prêt à être livré. Mais l’acheminement de cette aide humanitaire reste entravé par un blocus israélien quasi total, imposé depuis le 2 mars.
Malgré la réouverture partielle du point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, la semaine dernière, seuls 900 camions ont été autorisés à entrer en dix jours. Près de 600 d’entre eux ont été déchargés côté gazaoui — sans que leur contenu ne soit pour autant distribué. En cause : la dégradation des conditions de sécurité. « Ce qui est parvenu jusqu’à nous est loin de répondre aux besoins massifs de la population », souligne l’OCHA.
La violence des colons israéliens a atteint des niveaux inédits. Depuis janvier, plus de 220 Palestiniens ont été blessés — soit une moyenne de 44 par mois, selon le bureau onusien des opérations humanitaires, qui n’avait pas enregistré un tel rythme depuis deux décennies.
Les expulsions forcées se poursuivent également. À Maghayer ad Deir, l’ensemble de la communauté bédouine — environ 120 personnes — a été contrainte de fuir, chassée par la création d’un nouvel avant-poste de colonie. Plus de 33.000 Palestiniens déplacés demeurent dans les camps de Jénine, Nur Shams et Tulkarem. À Salfit, 90.000 personnes se heurtent à des restrictions de circulation qui les empêchent d’accéder à la santé, à l’éducation et à l’emploi.
Avec ONU info
