Présent au panel intitulé « Diversification économique et renforcement de la chaîne de valeur », organisé dans le cadre du Battery Metals Forum les 29 et 30 septembre à Kolwezi dans la province du Lualaba, Egyul Mamoko, expert métallurgiste à la Cellule Technique de Coordination et de Planification Minière (CTCPM), a accordé une interview à nos confrères de Posture d’Afrique Magazine.
Au cours de cet échange, il a adopté une position nuancée sur la diversification économique en RDC. Selon lui, cette démarche devrait être envisagée après avoir pleinement exploité le potentiel minier, notamment dans le contexte actuel de la transition énergétique mondiale.
“Le terme diversification économique ne me plaît pas beaucoup dans le contexte de la RDC. Nous sommes aujourd’hui à l’ère de la transition énergétique. L’objectif pour la RDC devrait être de maximiser les recettes issues de l’exploitation minière, pourquoi pas pour créer un Fonds Souverain avec les recettes issues du secteur minier, avec des mécanismes de gestion rigoureuse, pour financer la diversification économique par des grands projets agricoles et de l’industrie chimique par exemple”, a-t-il dit.
D’après lui, abandonner trop vite le secteur minier pour se tourner vers d’autres domaines comme l’agriculture ou les services reviendrait à négliger la seule source de financement actuellement viable du pays.
« L’agriculture et les services exigent de lourds investissements. Où allons-nous trouver cet argent si nous ne capitalisons pas d’abord sur les ressources minières ? », s’interroge-t-il.
L’expert de la CTCPM met également en avant le caractère éphémère de la valeur des minerais. « Ce qui est utile aujourd’hui ne le sera pas forcément demain ». Pour illustrer cette idée, il déclare : « Si je vous donne 10 tonnes d’or et je vous place seul dans un désert, vous ne saurez quoi en faire.»
Il poursuit ensuite : « Il y a un autre aspect que je souhaite aborder : la consommation du cobalt. Aujourd’hui, la RDC, en particulier le Katanga, est le premier producteur mondial de cobalt. Or, cette consommation a été portée pendant longtemps par une chimie particulière utilisée dans les batteries pour véhicules électriques : la chimie NMC (Nickel Manganèse Cobalt). »
Selon lui, cette technologie a été le principal moteur de la demande en cobalt. Cependant, un basculement s’opère au niveau de l’industrie de stockage d’énergie principalement en Chine.
« Les industriels, confrontés aux difficultés d’approvisionnement et au coût élevé du cobalt, migrent vers une autre technologie : le LFP (Lithium Fer Phosphate), qui n’utilise pas de cobalt. »
Notons que, le rôle principal de la CTCPM est de concevoir des politiques et des stratégies visant à optimiser l’exploitation des ressources minérales de la RDC.
La rédaction
