L’annulation, à seulement trois heures de sa célébration, de la messe d’action de grâce que le parti politique ADESCO devait organiser à la paroisse Sainte-Anne de Kinshasa continue de susciter de nombreuses réactions.

Prévue dans le cadre des activités marquant le troisième anniversaire du parti, cette célébration religieuse a été annulée sur instruction de l’Archidiocèse de Kinshasa, alors que plusieurs militants avaient déjà commencé à prendre place dans l’enceinte de la paroisse.

Cette décision soulève une série d’interrogations au sein de l’opinion. Certains y voient une simple mesure relevant de l’organisation interne de l’Église catholique, tandis que d’autres s’interrogent sur l’impartialité de cette institution face aux acteurs politiques.

Le débat prend davantage d’ampleur lorsque certains observateurs se demandent si l’appartenance à la famille politique du Président de la République, Félix Tshisekedi, ou la proximité avec le pouvoir ne constituerait pas un facteur influençant le traitement réservé à certaines formations politiques. L’ADESCO, parti dirigé par le Haut Représentant du Chef de l’État, Tony Kanku Shiku, se retrouve ainsi au cœur d’une polémique qui dépasse le simple cadre d’une célébration religieuse.

À ce stade, aucune communication officielle détaillée de l’Archidiocèse de Kinshasa n’a permis d’expliquer publiquement les raisons précises de cette annulation de dernière minute. Ce silence alimente les spéculations et nourrit les débats sur les rapports entre l’Église catholique et les acteurs politiques en République démocratique du Congo.

Dans un contexte national où l’Église joue un rôle historique dans la vie sociale et politique, nombreux sont ceux qui appellent à davantage de transparence afin d’éviter que de telles décisions ne soient interprétées comme des prises de position partisanes.

En attendant une éventuelle clarification des autorités ecclésiastiques, une question continue de résonner dans l’opinion : l’annulation de cette messe relève-t-elle uniquement d’une décision pastorale ou traduit-elle un malaise plus profond dans les relations entre l’Église et certains acteurs de la majorité présidentielle ?

 

THERESIA PHUATI, Consultante en communication institutionnelle

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