Dimanche 01 décembre, les Centrafricains ont célébré les 66 ans de la proclamation de la République Centrafricaine. À cette occasion, le président Faustin Archange Touadéra s’est adressé le 30 novembre 2024 à la nation. L’intégralité de son discours sur Aigle Communication.
Centrafricaines;
Centrafricains;
Mes Chers Compatriotes;
Le 1er décembre 1958, l’Oubangui-Chari, cette belle terre qui s’étend sur près de 623.000 Km2, située au cœur du continent africain, richement dotée par Dieu de ressources naturelles, abrite une partie de la deuxième forêt tropicale au monde, celle du Bassin du Congo, dispose de vastes étendues de terres arables et de pâturages, d’un réseau hydrographique abondant, d’une pluviométrie et d’un climat favorables à son développement socio-économique, fut libéré du joug colonial et proclamé République Centrafricaine par le Président Barthélemy BOGANDA.
Cette date porte donc l’héroïsme et la magnificence ultime du combat mené, des décennies durant, par nos ancêtres, les Oubanguiens, pour la justice sociale et le début d’une ère de liberté et de dignité.
Ce jour, chargé d’histoire, est aussi l’occasion de nous souvenir du mythe fondateur de notre pays, celui de notre unité et de notre souveraineté et de rappeler aux jeunes générations les idéaux et sacrifices qui ont conduit à la naissance de notre République.
A la veille de la célébration de cette Fête nationale, c’est toujours avec le même plaisir et la même fierté que je m’adresse à vous, dans la tradition républicaine solidement ancrée dans notre pays.
Je souhaite que cette commémoration, symbole de liberté, d’unité et de souveraineté, soit aussi un moment de réflexion collective sur notre parcours et un appel à renforcer notre engagement pour bâtir une nation à la hauteur des aspirations de ses fondateurs et des générations futures.
Je souhaite que notre jeunesse s’approprie l’histoire des hommes et des femmes qui ont écrit les pages glorieuses de notre pays, poursuive leur œuvre et en préserve l’héritage.
Elle doit savoir ô combien il est difficile de fonder une nation, de rassembler un peuple, de faire son unité et d’assurer son bien-être.
Mes Chers Compatriotes ;
Au moment où nous nous préparons à revivre ces premiers instants de l’histoire de notre pays, je voudrais, au nom de la Nation, saluer avec déférence la mémoire du Président fondateur, feu Barthélemy BOGANDA, figure emblématique de l’unité, de la justice sociale, du panafricanisme et du développement national, ainsi que celle de nos vaillants combattants de la liberté, pour les énormes sacrifices consentis afin qu’advienne ce jour radieux et d’espérance du 1er décembre 1958.
Je ressens particulièrement le devoir de rendre hommage à nos devanciers dont la clairvoyance et le patriotisme ont permis de préserver tenacement l’intégrité du territoire et l’unité nationale, en dépit de nombreux défis qui ont souvent mis en péril la République.
C’est l’occasion de rendre hommage à nos forces de défense et de sécurité, à la MINUSCA, aux alliés bilatéraux russes et rwandais qui, chaque jour, s’emploient, malheureusement au péril de leur vie, à nous porter secours et à garantir la stabilité et la souveraineté de notre pays.
Je m’incline devant la mémoire des soldats qui ont, héroïquement, perdu leur vie pour préserver la nôtre, pour sauvegarder la paix, cette paix dont chacun de nous connaît si bien l’intérêt et l’importance.
A ces héros, nous adressons notre respect, notre admiration et notre profonde gratitude.
Ce jour est aussi l’occasion pour nous de marquer un moment de recueillement solennel pour honorer la mémoire vivante de tous nos concitoyens qui ont tragiquement perdu la vie dans le tumulte de nos conflits militaro-politiques.
Je m’incline également devant la mémoire des dix (10) Compatriotes de Bria et d’Ippy, conducteurs de taxis-motos, victimes innocentes d’une lâche et ignoble attaque terroriste, menée par la Coalition des Patriotes pour le Changement, le 25 novembre courant, au village Djamangoundji, près de Bria.
Tout en condamnant fermement ces actes horribles, commis de manière récurrente sur les civils innocents, je rappelle que tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui sont d’ailleurs imprescriptibles, ne resteront pas impunis.
Ces martyrs, victimes innocentes de la haine, de l’intolérance et de la cruauté humaine, nous rappellent l’urgente nécessité de préserver les valeurs de paix, de justice et de dignité humaine.
En hommage à tous nos martyrs, cette journée mémorable qui a commencé ce matin par une grande cérémonie de remise de décorations aux filles et fils du pays qui se sont particulièrement distingués cette année par leur travail acharné au service de la République, se culminera demain par un grand défilé de toutes les forces vives de la Nation, sur l’Avenue des Martyrs, auquel je vous convie.
Par cet hommage national, nous affirmons notre engagement à tirer les leçons du passé pour que les souffrances de nos martyrs ne soient pas vaines et que plus jamais de telles tragédies ne se reproduisent dans notre pays.
Mes Chers Compatriotes ;
En ce jour d’anniversaire et de consécration, je suis fier de constater qu’en dépit des trames criminelles ourdies par les ennemis de la République, de la calomnie et des désinformations véhiculées par certains médias internationaux pour briser notre résilience et étouffer l’élan du patriotisme et de la souveraineté nationale, le peuple centrafricain est resté intrépide, uni, solidaire, résilient, plus que jamais déterminé à protéger sa souveraineté et l’intégrité du territoire national contre toute attaque et ce d’où qu’elle vienne.
En ces instants solennels, je veux adresser tous mes remerciements et encouragements à vous tous, mes Chers Compatriotes, de l’intérieur comme de l’étranger, qui contribuez nuit et jour à promouvoir les valeurs cardinales de la République et à jeter les jalons du développement socio-économique de notre pays.
Notre résilience, mes Chers Compatriotes, nous la devons aussi à la communauté internationale.
Comme l’exige la tradition centrafricaine, j’adresse la gratitude de la République à tous les pays frères et amis, à toutes les organisations internationales, à tous les partenaires économiques, techniques et financiers qui ont pris l’engagement d’accompagner notre pays dans la mise en place des fondements inébranlables sur lesquels nous pouvons bâtir ensemble notre Nation.
Tout en privilégiant les relations traditionnelles de bon voisinage avec tous les pays qui nous entourent et les liens d’amitié avec tous les peuples du monde sur la base des principes d’égalité, de solidarité, d’intérêts réciproques et du respect mutuel, nous continuons de faire tout notre possible pour que la coopération que nous mettons en place avec les autres pays, organisations et institutions internationales, respecte notre souveraineté et soit profitable à chacun de nous.
Mes Chers Compatriotes ;
La commémoration du 66ème anniversaire de la Proclamation de la République nous donne également l’occasion de nous remobiliser autour des valeurs et principes cardinaux de la République légués par le Père Fondateur, articulés autour des concepts de paix, d’unité nationale, de dignité et de prospérité collective.
C’est autour de ces valeurs et principes républicains qui continuent d’inspirer la vie nationale que nous nous sommes mobilisés, depuis le 30 mars 2016, dans un élan de solidarité exemplaire, pour bâtir un avenir plus sûr et plus prospère.
Cette voie d’un avenir pacifique, démocratique et prospère, tracée par la Constitution du 30 août 2023, exige de chacune et chacun de nous des engagements patriotiques et le sacrifice de soi pour la République et le bien commun.
Grâce à ces engagements et sacrifices consentis, nous avons réalisé des résultats plus performants, en nous appuyant sur nos propres ressources, dans un contexte mondial en constante perturbation.
Grâce à ces engagements et sacrifices, nous avons, ensemble, réussi, avec une patience et prudence voulues, à restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, à remettre le pays sur la voie de développement, tout en préservant la paix et la cohésion sociale.
En dépit du contexte mondial particulièrement difficile, nous avons, grâce à ces engagements et sacrifices, mené des réformes courageuses qui ont produit des résultats probants, notamment dans les domaines prioritaires de la défense, de la sécurité, de l’économie, des finances, de la santé, de l’éducation, du développement du capital humain, du numérique, des mines, des infrastructures, de la démocratie, des Droits de l’Homme, de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, de la coopération internationale.
Ces réformes doivent être poursuivies et renforcées dans le contexte de la levée totale de l’embargo sur les armes qui empêchait nos forces de défense et de sécurité de remplir efficacement leurs missions régaliennes et de la levée totale de l’embargo sur le diamant qui a privé la République de ressources domestiques et freiné l’élan de développement de notre pays, depuis 2013.
En ces instants solennels, je tiens à remercier et féliciter chacune et chacun de vous pour le courage, la résilience et les sacrifices consentis pour obtenir tous ces résultats, après des décennies sombres.
Mes Chers Compatriotes ;
La République Centrafricaine, notre cher et beau pays, est confrontée aux défis qui se posent à tous les pays du monde.
Les grands défis planétaires que sont les pandémies, les changements climatiques, les crises énergétiques, les tensions géopolitiques et les guerres sur fond de tensions sous-jacentes qui divisent les grandes puissances du monde, nous affectent tous en tant que Nation mais aussi individuellement.
Le monde est plus incertain, plus instable.
Tous les peuples du monde sont inquiets, assaillis par le doute, tant il est difficile de prévoir l’ampleur, l’évolution et la fin des conflits, des changements climatiques et du terrorisme.
La position hautement stratégique qu’occupe notre pays, au cœur de l’Afrique, ce contient de l’avenir, à laquelle s’ajoute le gigantesque trésor géologique insuffisamment exploré et exploité, nous exposent à la convoitise et nous imposent de ce fait le rôle essentiel dans la préservation de la paix et de la stabilité.
Au regard de la situation actuelle du monde, l’unité qui constitue le fondement et l’originalité de notre Nation devient un impératif catégorique.
Seule l’unité nationale peut nous permettre de relever avec courage et détermination les nombreux défis qui se posent à notre pays et contribuer à la recherche des réponses et stratégies communes face aux menaces qui ne cessent de peser sur l’humanité.
Oui ! Mes Chers Compatriotes, il est temps pour nous de nous serrer les coudes, de dépasser nos propres intérêts pour consolider la paix retrouvée, renforcer la sécurité et l’unité nationales sans lesquelles aucun développement n’est possible.
Je vous exhorte à ne pas oublier que nous nous devons tout entier à la République ; qu’il est de notre devoir le plus sacré de resserrer entre nous les liens de la Nation et de répandre le principe du « ZO KWE ZO » énoncé par le Père fondateur Barthélemy BOGANDA, afin de nous préparer avec autant de sagesse que de courage à faire face aux grands défis qui se posent à l’humanité tout entière et à notre pays.
Aujourd’hui, nous constatons un réel changement de mentalité dans le pays et surtout dans la jeunesse.
Aujourd’hui, nos cœurs sont remplis de nouveaux espoirs.
Je vous exhorte à persévérer dans cette voie qui est la seule capable de conduire au développement de notre pays.
En effet, rien n’est impossible à un peuple uni, solidaire et déterminé à vivre en sécurité à l’intérieur de ses frontières et à construire son avenir.
Mes Chers Compatriotes ;
Notre pays est en marche. Il continue d’avancer.
En 2025, la République aura un rendez-vous avec l’histoire, celui de relever le défi de l’organisation d’élections locales qui seront suivies des élections groupées, présidentielle et législatives.
De façon générale, nous pouvons, je crois, nous féliciter des progrès accomplis sur la voie de la démocratie.
Des dispositions ont été prises pour garantir la sérénité, la régularité et la transparence des élections qui constituent une réelle opportunité de transformation de notre pays.
Comme par le passé, nous continuerons à remédier aux éventuels dysfonctionnements qui pourraient survenir dans notre marche vers une démocratie moderne.
Sachant que la démocratie n’entraîne pas nécessairement l’unanimité, nous restons des partisans convaincus du dialogue.
Ainsi, sur les sujets qui touchent à l’intérêt national, tels que la paix, la sécurité, le développement, l’accord doit pouvoir se faire avec ceux qui ne partagent pas nos positions.
Pour notre part, nous ferons tout pour trouver un consensus sur ces questions qui concernent l’intérêt national.
J’exhorte tous les partis, associations et mouvements politiques, les sultans et chefs traditionnels, les organisations de la société civile, à faire preuve de retenue, de patriotisme et de sagesse afin que ces élections soient réellement inclusives, démocratiques et apaisées.
L’appel que je vous réitère en ce jour de la République est que nous devons poursuivre le travail déjà amorcé, avec abnégation, dans l’unité et la dignité retrouvées, préserver et consolider la paix, la stabilité et l’unité nationale.
Nous devons redoubler d’ardeur au travail pour consolider nos réalisations afin de les rendre plus durables et pérennes.
Chacun de nous doit se sentir responsable à part entière du retard de développement de notre pays et participer à la construction de la démocratie et à la recherche du remède à tous les maux de notre société.
Ce n’est ni l’affaire d’un parti, ni l’affaire d’un homme, c’est l’affaire d’un peuple qui croit en son avenir.
Pour conclure, je voudrais vous dire la joie et la fierté que je ressens à vous servir.
Je rêve d’une République réellement indépendante, qui exerce sa souveraineté permanente sur ses richesses et ses ressources naturelles, conformément à ses intérêts nationaux ; je rêve d’une République démocratique qui prospère sur le plan économique et qui est juste sur le plan social.
Ces rêves, je suis persuadé, sont aussi les vôtres.
Je serai toujours à vos côtés et à votre écoute pour qu’ensemble et avec l’aide de Dieu, nous puissions réaliser ces rêves et hisser la 7ème République au rang des pays émergents.
En ce 1er décembre, jour de consécration et de rassemblement national, j’adresse à toutes et à tous, mes Chers Compatriotes d’ici et de la diaspora, mes chaleureuses félicitations.
Je vous souhaite, mes Chers Compatriotes, une excellente Fête du 1er décembre.
Vive la République !
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple !
Je vous remercie.
