À Lubumbashi, capitale minière de la République démocratique du Congo, la DRC Mining Week 2026 a confirmé son statut de rendez-vous incontournable du secteur minier africain et le rôle stratégique que la RDC entend jouer dans la transition énergétique mondiale. Réunis au Pullman Lubumbashi Grand Karavia, autorités publiques, investisseurs, opérateurs miniers et partenaires au développement ont débattu des leviers capables de transformer le potentiel minier du pays en véritable moteur d’industrialisation.
Placée sous le thème « De l’ambition locale à l’impact mondial pour les minerais critiques », cette édition a mis en lumière les opportunités qu’offre la RDC, détentrice d’importantes réserves de cobalt, de cuivre, de lithium et d’autres minerais indispensables aux technologies vertes et à la décarbonation de l’économie mondiale.

Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé : la transition énergétique mondiale ne pourra se faire sans la RDC. Mais pour la RDC, l’enjeu n’est plus seulement d’extraire. Il s’agit désormais de transformer localement ses ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée, de générer des emplois qualifiés et de renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

C’est dans ce contexte que le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) a occupé une place centrale dans les discussions. Intervenant lors de plusieurs panels consacrés aux infrastructures, aux investissements et à la transformation locale, le Directeur général adjoint du FPI, Blaise Mastaky Birindwa, a défendu une vision claire : l’industrialisation congolaise passera d’abord par l’énergie.

« Il est difficile de parler d’industrialisation sans parler d’énergie », a-t-il déclaré devant un auditoire composé d’acteurs miniers, d’investisseurs et de décideurs publics.

Pour le responsable du FPI, l’électricité constitue la première infrastructure de développement industriel. Sans une énergie abondante, fiable et compétitive, la RDC ne pourra ni transformer localement ses matières premières, ni bâtir des chaînes de valeur performantes autour de ses minerais stratégiques.

Cette vision se matérialise déjà à travers plusieurs projets énergétiques soutenus par l’institution. Le FPI accompagne notamment les études pour l’implantation de la centrale hydroélectrique de Tshibasa, le projet de centrale photovoltaique de Tshipuka actuellement en phase de financement, ainsi que le développement du barrage de Mbombo en collaboration avec l’industrial developpement corporation(IDC) visant à cofinancer des projets et à renforcer intégration régionale. Autant d’investissements destinés à renforcer l’offre électrique nationale et à répondre aux besoins croissants des secteurs minier, manufacturier et agro-industriel.
« Chaque mégawatt supplémentaire produit représente une opportunité de création d’emplois, de développement des PME et de transformation locale », a souligné Blaise Mastaky.

Au-delà des infrastructures énergétiques, le Fonds met également l’accent sur le développement du contenu local. L’institution finance déjà plusieurs initiatives industrielles destinées à renforcer la participation des entreprises congolaises dans la chaîne de valeur minière.

Parmi les réalisations emblématiques figure notamment MES, une entreprise spécialisée dans la fabrication de cathodes, de tuyaux et de câbles électriques , de bacs à sacs ainsi que de produits d’emballage destinés à l’industrie minière. Le FPI a également accompagné un laboratoire d’analyses des matériaux et minerais basé à Kolwezi, dont les services contribuent aujourd’hui au contrôle qualité et à la certification des produits miniers utilisés par plusieurs opérateurs du secteur
Pour le DGA du FPI, la transformation locale ne pourra cependant produire tous ses effets sans une réforme de l’approche du financement industriel. Lors d’un panel consacré aux investissements, il a plaidé pour une meilleure coordination entre institutions de développement et acteurs économiques.

« Le domaine du financement est vaste. Nous devons travailler ensemble afin de répartir intelligemment les responsabilités financières et mobiliser davantage de ressources au profit des projets industriels », a-t-il expliqué.

Cette stratégie passe également par un soutien accru aux études de faisabilité et à la structuration des projets industriels. Pour le FPI, la qualité de la préparation des investissements demeure une condition essentielle pour attirer les financements et garantir leur réussite.
« Si nous finançons de bonnes études qui aboutissent à la réalisation de projets énergétiques et industriels, nous créons les conditions nécessaires au développement de nouvelles industries dans notre pays », a affirmé Blaise Mastaky.

Au cœur de ce dispositif se trouve également la Taxe de Promotion de l’Industrie (TPI), principale source de financement du Fonds. Loin d’être perçue comme une simple obligation fiscale, cette contribution est présentée comme un outil de financement collectif des infrastructures et des projets structurants indispensables à la modernisation de l’économie congolaise.
Dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et par la demande mondiale croissante en minerais critiques, la RDC dispose d’une occasion historique de devenir non seulement un géant minier, mais également un pôle industriel régional.
À Lubumbashi, le message porté par le FPI a été sans équivoque : l’avenir du secteur minier congolais ne se jouera plus uniquement dans les mines. Il dépendra de la capacité du pays à produire davantage d’énergie, à financer des infrastructures structurantes et à développer un tissu industriel capable.

À travers cette participation, le Fonds de Promotion de l’Industrie a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle moteur dans l’émergence d’une économie congolaise davantage tournée vers la transformation locale, l’innovation industrielle et la création de valeur ajoutée sur le territoire national.
Dans un autre chapitre,Apportant sa contribution au panel consacré aux jeunes entrepreneurs autour du thème « Intégration de la nouvelle génération dans le secteur minier : le cas de l’emploi des jeunes », le Directeur général adjoint du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), Blaise Mastaky Birindwa, a mis en lumière les mécanismes de financement destinés aux jeunes âgés de 18 à 35 ans.

Il a notamment expliqué que le FPI accorde des financements à un taux préférentiel de 4 % l’an, en collaboration avec le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), qui intervient comme structure de garantie afin de faciliter l’accès des jeunes aux crédits.

Il convient de souligner que le Programme des jeunes entrepreneurs constitue une nouvelle initiative de la DRC Mining Week. Celle-ci vise à autonomiser et à encourager les jeunes entrepreneurs ainsi que les étudiants intéressés par l’écosystème minier à s’impliquer davantage dans les débats sur l’exploitation minière et à devenir les acteurs du changement de demain.
Alors que la RDC ambitionne de devenir un acteur majeur de la transformation des minerais critiques, le FPI entend se positionner comme l’un des principaux leviers financiers de cette ambition industrielle.de transformer localement ses ressources naturelles en richesse durable.

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