Lors de la Semaine Minière de la RDC 2026, Popol Mabolia, Directeur Général du Cadastre Minier (CAMI), a marqué les esprits avec son intervention lors du panel « Briser les non-dits : Affronter les défis réels qui freinent le développement du secteur minier ». Son propos était clair : la compétitivité du secteur minier en République Démocratique du Congo dépend désormais autant de la qualité de la gouvernance que de la richesse exceptionnelle de ses ressources souterraines.

S’adressant à des investisseurs, des opérateurs miniers, des institutions financières et des décideurs publics, le représentant du Cadastre Minier a rappelé que la RDC représente l’une des juridictions minières les plus stratégiques au monde. Grâce à son potentiel géologique remarquable et aux réformes mises en place par le Gouvernement, le pays continue d’attirer un intérêt croissant de la part des investisseurs internationaux, malgré un contexte marqué par des défis relatifs à la stabilité, à la fiscalité et à la conformité.
Assurer la sécurité juridique, pilier de la confiance des investisseurs
Concernant les opérations de cession des droits miniers, Popol Mabolia a insisté sur la nécessité de respecter scrupuleusement le Code minier et son règlement d’application. Il a souligné que la transparence des procédures administratives est déterminante pour sécuriser les investissements, minimiser les risques juridiques et renforcer la crédibilité de la RDC sur la scène internationale.

Il a ensuite précisé que le Cadastre Minier s’assure d’un traitement approprié des transactions pour offrir aux opérateurs un cadre réglementaire stable, prévisible et conforme aux meilleures pratiques mondiales.
Les études de faisabilité : un levier clé pour la bancabilité des projets
L’un des points majeurs que Popol Mabolia a soulevés concerne l’importance d’améliorer la qualité des études techniques accompagnant les projets miniers.
Il a observé que de nombreux projets souffrent encore d’une confusion entre les différentes phases d’ingénierie – étude conceptuelle, préfaisabilité, faisabilité bancaire et ingénierie détaillée – chacune ayant des normes internationales spécifiques et étant essentielle pour accéder aux financements des banques, des marchés de capitaux et des partenaires institutionnels.
« Une étude de faisabilité solide est bien plus qu’une simple formalité administrative. C’est le document qui détermine la viabilité économique, technique, environnementale et financière d’un projet minier », a-t-il précisé.
Cette rigueur méthodologique constitue désormais un véritable avantage concurrentiel pour attirer des capitaux internationaux dans un contexte mondial où les investisseurs privilégient les projets techniquement solides et conformes aux normes de gouvernance.
Développer les compétences pour une meilleure gouvernance du secteur
Popol Mabolia a également souligné l’importance de développer le capital humain. Il a estimé que les institutions chargées d’évaluer les projets miniers doivent disposer de compétences élevées pour analyser les données géologiques, les réserves minérales, les modèles économiques, les paramètres métallurgiques et les risques techniques et financiers.

Pour lui, la professionnalisation des administrations minières est une condition préalable essentielle à une gouvernance efficace et à une valorisation optimale des ressources naturelles du pays.
Vers une harmonisation des standards techniques
Afin d’améliorer la qualité des projets soumis aux investisseurs, Popol Mabolia a proposé de créer des référentiels techniques nationaux en adéquation avec les standards internationaux utilisés par les institutions financières et spécialisées dans le financement minier.
L’intégration de ces référentiels au Code minier permettrait, selon lui, de clarifier les exigences applicables aux études de faisabilité, ainsi qu’à l’estimation des ressources et des réserves minérales et aux processus de certification, renforçant ainsi la crédibilité de la juridiction minière congolaise.
Une vision pour une industrie minière plus compétitive
À travers son discours, le Directeur Général du Cadastre Minier a défendu une vision moderne de la gouvernance minière, où la performance économique repose sur la sécurité juridique, la qualité des études techniques, la transparence des procédures et le renforcement des compétences.
Dans un contexte de transition énergétique mondiale et de forte demande en minerais critiques, la RDC a une occasion historique de consolider sa position de leader mondial. Pour cela, le pays doit continuer à moderniser ses institutions, renforcer la confiance des investisseurs et faire des normes internationales un pilier de sa compétitivité.
La Semaine Minière de la RDC 2026 confirme ainsi que l’avenir du secteur minier congolais ne dépendra plus uniquement du potentiel géologique, mais aussi de la capacité des institutions à garantir une gouvernance technique, économique et réglementaire conforme aux attentes des marchés internationaux.
Theresia Phuati, consultante en communication institutionnelle et stratégie marketing
