Alors que la République démocratique du Congo confirme sa place parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, une autre ressource essentielle s’affirme comme un moteur de compétitivité : le capital humain. À la DRC Mining Week 2026, le Directeur provincial de l’INPP Haut-Katanga, Joël Mokomba, a défendu une vision ambitieuse de la formation professionnelle, qu’il considère comme un levier stratégique pour soutenir la croissance du secteur extractif et renforcer le contenu local.

 

Intervenant devant les acteurs de l’industrie minière, le responsable de l’Institut National de Préparation Professionnelle a rappelé qu’une industrie performante ne peut prospérer durablement sans une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux exigences technologiques, sécuritaires et environnementales des opérations minières modernes.

Former les compétences dont l’industrie a réellement besoin

Face à l’évolution rapide des technologies minières, l’INPP mise sur une ingénierie de formation construite directement à partir des besoins exprimés par les entreprises. Grâce aux travaux de son Observatoire des Métiers et des Besoins en Personnel (OMBP), l’institution identifie les métiers les plus recherchés et les compétences en forte demande afin d’adapter continuellement son offre de formation.

 

 

Mécaniciens industriels, électromécaniciens, instrumentistes, conducteurs d’engins lourds, logisticiens, caristes, soudeurs, spécialistes en maintenance ou encore techniciens en automatisation figurent parmi les profils indispensables au bon fonctionnement de la chaîne de valeur minière.

« Former pour l’emploi » constitue ainsi le principe directeur de cette démarche qui privilégie l’adéquation entre les besoins du marché et les compétences développées.

Un enjeu économique majeur pour la RDC

Au-delà de la formation, Joël Mokomba considère le développement des compétences comme un véritable investissement économique. Une main-d’œuvre nationale qualifiée permet non seulement d’améliorer la productivité des entreprises minières, mais également de réduire la dépendance aux expertises étrangères, de renforcer le contenu local et de créer davantage de valeur ajoutée au profit de l’économie congolaise.

Dans un contexte où les minerais critiques occupent une place stratégique dans la transition énergétique mondiale, la disponibilité de compétences locales devient un facteur déterminant pour attirer les investissements et assurer la compétitivité du pays.

Des formations construites avec les professionnels du secteur

L’INPP développe aujourd’hui ses programmes selon une approche par compétences, élaborée en collaboration avec les entreprises minières, les experts techniques et les professionnels de terrain.

Cette co-construction permet d’établir des référentiels métiers conformes aux standards internationaux et d’assurer que les certifications délivrées répondent aux attentes du marché de l’emploi.

Parallèlement, l’institution poursuit le renforcement des capacités de ses formateurs et ambitionne d’obtenir des certifications internationales afin d’accroître la reconnaissance de ses formations au-delà des frontières nationales.

Le partenariat avec les entreprises, une nécessité stratégique

Le Directeur provincial a néanmoins souligné que les centres de formation ne peuvent reproduire l’ensemble des équipements de haute technologie utilisés sur les sites industriels. C’est pourquoi les périodes d’immersion en entreprise, les stages et les dispositifs d’alternance demeurent indispensables pour compléter les apprentissages.

Il a ainsi invité les sociétés minières à renforcer leur collaboration avec les établissements de formation afin de faciliter l’accès des apprenants aux environnements industriels et de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels hautement qualifiés.

Faire du capital humain un pilier de la souveraineté minière

À travers cette intervention, Joël Mokomba a rappelé que l’avenir du secteur minier congolais ne dépend pas uniquement de l’abondance de ses ressources naturelles, mais aussi de la capacité du pays à développer les compétences qui permettront de les valoriser durablement.

Dans une économie où l’innovation, la technologie et la performance industrielle redéfinissent les standards de compétitivité, investir dans la formation professionnelle apparaît comme un choix stratégique. Pour l’INPP, préparer les talents d’aujourd’hui, c’est bâtir l’industrie minière congolaise de demain, plus performante, plus inclusive et davantage créatrice de valeur pour l’économie nationale.

 

La rédaction

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