La classe politique gabonaise considère que les actions récentes des militaires du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) s’écartent dangereusement de leurs engagements initiaux.
Ali Akbar Onanga Y’Obégue estime qu’«à cela s’ajoute la perspective particulièrement alarmante de voir un membre du CTRI se présenter à l’élection présidentielle».

Selon lui, cette ambition se «heurte frontalement» non seulement aux engagements internationaux du Gabon dont la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, que le pays a signée le 2 février 2010, mais aussi à des obstacles légaux.
Certains politiciens considèrent cette attitude comme une volonté de confisquer le pouvoir par les militaires.
Le statut de militaire incompatible avec les fonction politiques
Pour le docteur en droit qui répond par l’affirmative, l’article 43 alinéa 9 de la Constitution stipule qu tout candidat à la présidence doit jouir de ses droits civils et politiques. Or, le statut particulier des militaires, dans ses articles 73, 74 et 75, limite explicitement l’exercice des droits politiques des militaires et rend incompatible l’exercice de fonctions politiques, comme celle de président de la République, avec le statut de militaire. «Ces dispositions interdisent clairement toute activité à caractère politique, sauf à renoncer au statut militaire», souligne-t-il notant que cette situation pourrait créer «un précédent dangereux», légitimant de fait le coup d’État comme voie d’accès au pouvoir.
Pour lui, les membres des forces armées pourraient être tentés de reproduire ce schéma et ainsi nourrir le «germe d’une instabilité chronique qui minerait durablement les fondements mêmes de notre République». «Comment la crédibilité du scrutin pourrait-elle être préservée si un (e) ancien(e) membre du CTRI participait à une élection dont il (elle) a lui-même contribué à définir les règles sous son autorité militaire ? Les observateurs nationaux et internationaux ne seraient-ils pas fondés à douter de l’intégrité d’un tel processus ?», interroge-t-il notant que le risque est grand de voir l’élection discréditée avant même sa tenue, exposant le Gabon à de nouvelles tensions politiques et à un isolement diplomatique accrue.
La communauté internationale, qui a souvent montré une attitude passive, ne se laissera pas manipuler par vous pour déstabiliser le Gabon. Elle ne considérera pas la candidature d’un membre du CTRI comme une menace pour la démocratie ou pour les engagements internationaux. Le fait que vous soyez plus préoccupés par les intérêts des puissances étrangères, au travers de la fameuse communauté internationale, plutôt que par la volonté et les aspirations profondes du peuple gabonais, prouve que, si des démocrates existent au Gabon, vous êtes loin, très loin de faire partie de ceux qui défendent réellement les intérêts du peuple.
Après 56 ans de souffrances sous le régime des Bongo, Oligui mérite de diriger le Gabon au-delà de 2025, c’est, sans doute, l’avis de la majorité des Gabonais.
Fidel Mbayi

