Le pont Kibali, qui relie les territoires de Dungu et Watsa dans la province du Haut-Uele, s’est écroulé dimanche 25 février 2024 au passage d’un camion chargé de bois.

Cet incident a provoqué la paralysie du trafic routier entre la région et l’Ouganda, principal partenaire commercial.

La société civile locale a lancé un appel à l’intervention urgente du gouvernement central pour rétablir la circulation et éviter l’isolement de la population.

Le pont Kibali, long de plus de 80 mètres, était l’un des plus importants ouvrages d’art de la province du Haut-Uele. Construit à l’époque coloniale, il était déjà en état de vétusté avancé et n’avait pas fait l’objet de travaux de réhabilitation depuis des décennies.

Dimanche soir, vers 19 heures, il n’a pas résisté au poids d’un engin lourd, un Sinotruk, transportant des planches en provenance de Watsa pour l’Ouganda. Le camion et son chauffeur ont été engloutis par les eaux de la rivière Kibali, qui porte le même nom que le pont.

L’effondrement du pont Kibali a eu des conséquences dramatiques pour la région du Haut-Uele, qui dépend largement du commerce transfrontalier avec l’Ouganda. La route nationale numéro 26, qui passe par le pont, est la principale voie d’approvisionnement en produits de première nécessité, en carburant, en médicaments et en matériaux de construction.

Elle dessert également la cité minière de Durba, où se trouve l’une des plus grandes usines de traitement d’or du pays, appartenant à l’entreprise Kibali-Gold.

Sans cette route, la région risque de connaître une pénurie de biens et une hausse des prix, ainsi qu’une baisse des activités économiques et des recettes fiscales.

Face à cette situation, la société civile du Haut-Uele a exprimé sa détresse et sa colère. Le vice-coordonnateur provincial, Léonard Mamboko, a déclaré : « Nous demandons au gouvernement central d’intervenir le plus tôt que possible car c’est la vie de la population du Haut-Uélé qui est en danger.

Nous ne pouvons pas rester coupés du reste du pays et du monde. Nous avons besoin d’un pont solide et durable qui puisse supporter le trafic intense qui caractérise notre province ».

Il a également dénoncé le manque de contrôle de la charge des véhicules qui empruntent le pont, ainsi que l’absence de mesures préventives pour éviter ce genre de catastrophe.

Le gouverneur du Haut-Uele, Christophe Baseane Nangaa, a promis de se rendre sur les lieux du drame pour évaluer les dégâts et envisager des solutions.

Il a rappelé qu’il avait déjà annoncé, lors de sa campagne électorale, l’allocation d’un million de dollars américains pour la réhabilitation de différents ponts sur le réseau routier de la province, dont celui de Kibali.

Il a toutefois reconnu que les travaux n’avaient pas encore commencé, faute de moyens financiers et techniques. Il a sollicité l’appui du gouvernement central et des partenaires internationaux pour accélérer le processus.

L’effondrement du pont Kibali n’est pas un cas isolé dans le Haut-Uele, où le réseau routier est dans un état de délabrement avancé.

En septembre 2023, un autre pont, celui de Bomokandi, situé sur la route reliant Isiro à Watsa, s’était également effondré, coupant la capitale provinciale du reste du territoire.

D’autres ponts, comme celui de Rungu ou celui de Gada, sont menacés par l’érosion et le vieillissement.

La société civile appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale pour sauver les infrastructures routières de la province et garantir le développement de la région.



Christian kisila

Posted in Actualités

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*