Réflexion de Theresia Phuati , fondatrice de la Fondation Theresia Phuati
À l’occasion de mon intervention dans l’émission Mwasi ya Bwana sur la RTNC, organisée dans le cadre de la clôture du mois consacré aux droits des femmes, j’ai souhaité rappeler une conviction profonde : aucun État, aussi engagé soit-il, ne peut relever seul les défis du développement humain.
L’incivisme, l’immoralité, les violences faites aux femmes, les discriminations, les stéréotypes qui persistent en milieu rural, le chômage des jeunes ou encore la précarité des filles-mères sont autant de réalités qui exigent une mobilisation collective. Les politiques publiques sont indispensables, mais elles gagnent en efficacité lorsqu’elles sont relayées par des acteurs proches des populations.
C’est précisément le rôle des associations sans but lucratif (ASBL). Véritables relais de proximité, elles vivent les réalités des communautés, écoutent les préoccupations des citoyens et construisent des réponses adaptées aux besoins locaux. Leur action dépasse la simple sensibilisation : elles éduquent, accompagnent, forment et redonnent de l’espoir à celles et ceux qui en ont le plus besoin.
À travers la Fondation Theresia Phuati, nous avons fait le choix d’agir au cœur des communautés rurales, là où les inégalités restent les plus visibles. Notre engagement consiste à lutter contre les stéréotypes qui freinent l’épanouissement des femmes et des jeunes, à promouvoir la formation professionnelle comme levier d’autonomisation et à offrir des perspectives aux jeunes, aux filles, aux filles-mères et aux femmes souvent confrontées à l’exclusion.
Former un jeune à un métier, c’est lui permettre de retrouver sa dignité, de devenir autonome et de participer activement au développement de son village, de sa commune et de son pays. Accompagner une femme, c’est renforcer toute une famille. Sensibiliser une communauté, c’est prévenir les violences, promouvoir le civisme et bâtir une société plus responsable.
Cette vision s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de promotion de la jeunesse, notamment à travers le programme « Debout Jeunes », qui encourage l’entrepreneuriat, la formation et la participation active des jeunes au développement de la République Démocratique du Congo. Les ASBL constituent des partenaires naturels de cette ambition, car elles assurent le lien entre les politiques publiques et les réalités vécues sur le terrain.
Le développement local durable ne peut être l’œuvre d’un seul acteur. Il repose sur une alliance entre l’État, les collectivités, la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les citoyens eux-mêmes. Lorsque chacun assume pleinement sa responsabilité, les résultats deviennent durables et les communautés retrouvent confiance en leur avenir.
Il est donc temps de reconnaître pleinement le rôle stratégique des ASBL dans les politiques de développement. Les soutenir, les accompagner et créer des partenariats solides avec elles, c’est investir dans une société plus juste, plus inclusive et plus résiliente.
Notre engagement est clair : continuer à faire de la sensibilisation un outil de transformation sociale, de la formation professionnelle un moteur d’autonomisation et de la lutte contre les stéréotypes en milieu rural un combat permanent. Car le développement durable commence toujours par le développement de la personne humaine.
