Le projet de pont route-rail reliant Brazzaville à Kinshasa franchit une étape majeure avec le lancement officiel de l’appel à proposition pour sa réalisation. Cette avancée a été enregistrée en marge des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), organisées à Brazzaville du 25 au 29 mai 2026.
La cérémonie a réuni les principaux acteurs institutionnels impliqués dans ce projet structurant, notamment la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), représentée par son Commissaire à l’Aménagement du Territoire et aux Infrastructures, le Dr Maurice Niaty-Mouamba, accompagné de M. Bakary Mahamat Nour, Chef du Service Transport routier, ferroviaire et fluvial.
Au cours de cette mission, la CEEAC a coordonné les travaux du Comité Technique Mixte regroupant les experts de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo, avec l’appui d’Africa50 et de la Banque Africaine de Développement. Cette collaboration a permis de finaliser l’avis d’appel à proposition, ouvrant ainsi la voie à la sélection des futurs partenaires chargés de concrétiser cette infrastructure emblématique.
La cérémonie officielle a également connu la participation de Jean-Jacques Bouya, Vice-Premier Ministre de la République du Congo en charge de la Coordination des Infrastructures de Développement et de l’Aménagement du Territoire, ainsi que de Jean-Pierre Bemba Gombo, Vice-Premier Ministre et Ministre des Transports et Voies de Communication de la République Démocratique du Congo.
Un projet transformateur pour la région
Bien plus qu’un simple ouvrage d’art, le pont route-rail Brazzaville–Kinshasa est appelé à devenir un véritable moteur de transformation économique et d’intégration régionale. Il permettra de relier de façon permanente les deux capitales les plus proches du monde, séparées par le fleuve Congo, tout en renforçant les échanges commerciaux et la mobilité des populations.
Cette infrastructure stratégique s’inscrit dans les ambitions de la CEEAC et de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), qui visent à accélérer l’intégration économique du continent à travers le développement des corridors de transport et des infrastructures transfrontalières.
Un corridor logistique au service de la compétitivité africaine
Le volet ferroviaire du projet représente un atout majeur pour le développement économique régional. Il facilitera l’acheminement des marchandises entre les centres de production, les marchés de consommation et les ports de la région, réduisant ainsi les coûts logistiques et améliorant la compétitivité des économies nationales.
Pour la République Démocratique du Congo, cette liaison offrira de nouvelles perspectives d’ouverture vers les marchés régionaux et internationaux, tout en renforçant la connectivité des bassins miniers, agricoles et industriels aux principaux axes commerciaux africains.
Une vision portée au plus haut niveau
À l’issue de la cérémonie, le Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a reçu la délégation de la CEEAC et a réaffirmé son attachement à la concrétisation de ce projet stratégique, invitant l’organisation régionale à assurer un suivi rigoureux de sa mise en œuvre.
À terme, le pont route-rail Brazzaville–Kinshasa pourrait devenir l’un des symboles les plus forts de la coopération entre les deux Congo et de l’intégration de l’Afrique centrale. Au-delà des infrastructures, il porte l’ambition d’une région plus connectée, plus compétitive et davantage intégrée aux grandes dynamiques du commerce continental et international. Pour les pays du bassin des Grands Lacs, il représente une opportunité historique de renforcer la croissance économique, l’attractivité des investissements et la prospérité partagée.
Theresia phuati
