Le samedi 1er juin 2024, 14 ans jour pour jour que les défenseurs des droits de l’homme congolais Floribert Chebeya et Fidèle Bazana ont été assassinés.
 
Une cérémonie était organisée dans un mausolée, nouvellement construit dans la commune de Nsele à l’est de la capitale, pour accueillir les dépouilles des deux militants de l’organisation la Voix des sans voix.
Si ce nouveau mausolée compte bien deux cercueils, au nom des deux défenseurs des droits de l’homme, celui de Fidèle Bazana est encore vide. Depuis 14 ans, son corps n’a jamais été retrouvé.
 la veuve et les enfants de Floribert Chebeya qui vivent en exil étaient présents à Kinshasa pour la première fois depuis leur départ.
Le samedi dernier, les membres des familles de deux défenseurs des droits de l’homme participent à une messe de requiem à Kinshasa. Les familles de Chebeya et Bazana vivent pour la plupart en France ou au Canada.
Le corps de Floribert Chebeya avait été retrouvé le lendemain de son assassinat. Celui de Fidèle Bazana n’a jamais été retrouvé bien qu’il ait été officiellement déclaré mort en mars 2011.
 
14 ans après les faits, les proches de ces deux défenseurs des droits de l’homme veulent obtenir un deuxième procès dans cette affaire pour la comparution des hauts gradés militaires incriminés.
A l’occasion de la commémoration de ce double assassinat, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (partenariat de la Fédération internationale pour les droits humains – FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture – OMCT), l’Association africaine des droits de l’Homme (Asadho), le Groupe Lotus, la Ligue des électeurs et la Voix des sans-voix (VSV) appellent à l’ouverture du procès du général Zelwa Katanga dit Djadjidja et du général John Numbi. Ces organisations ont toujours considéré Jonh Numbi alors chef de la police, comme le commanditaire principal de l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana tandis que d’autres policiers sont également en attente de jugement.
Les organisations précitées demandent aux autorités congolaises « de disjoindre les poursuites contre les militaires et policiers inculpés dans cette affaire, afin que ceux qui sont déjà en détention préventive puissent être jugés en l’absence du général Numbi sur le territoire congolais ».
 
Elles rappellent aussi leur demande adressée au Chef de l’Etat  en vue d’obtenir la révocation des forces armées du général John Numbi . Celui-ci doit pouvoir, s’il est appréhendé, être poursuivi et comparaître devant les juridictions congolaises compétentes. En effet, à date, le général Numbi a quatre étoiles et aucun magistrat de la Haute cour militaire n’a un grade supérieur ou égal au sien, et ne peut donc le juger , insistent les organisations signataires.
C’est pour cette raison que les parties civiles et leurs avocats exigent qu’une analyse de la composition du sol de la parcelle du Général Zelwa Katanga, ancien patron de la police militaire, soit effectuée. Ils estiment qu’il est probable d’y retrouver les restes du corps, en s’appuyant sur différents témoignages entendus lors du premier procès concernant cette affaire en 20121.

Un procès qui visait surtout les exécutants et qui n’a pas permis de répondre à toutes les questions. Les familles, qui ont fait le déplacement à Kinshasa ce samedi, réclament donc un nouveau procès.
La veuve et les enfants de  Floribert CHEBEYA souhaitent que soient désormais jugés les hauts gradés militaires incriminés dans la mort des deux militants : le général Zelwa Katanga, mais aussi le général John Numbi.

À l’époque des meurtres, ce dernier était le chef de la police nationale congolaise. Il est en fuite depuis plusieurs années.
 
 
Exaucée YOWA

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