Dans sa correspondance, Martin Fayulu évoque deux sujets à savoir : la crise post-électoral depuis 2019 ainsi que la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour lui, le sommet qui réunit ces chefs d’État à Addis-Abeba lui donne une fois de plus, l’occasion de les saisir pour leur faire part de deux faits malheureux qui assombrissent la RDC, notamment : la persistance de la crise de légitimité, “malgré le simulacre d’élections de décembre 2023” et la crise sécuritaire résultant des attaques récurrentes de la partie Est de la RDC par des éléments armés soutenus par le Rwanda et l’Ouganda avec comme conséquences des millions de Congolais tués et d’autres déplacés.
Depuis le début du processus électoral 2023 en RDC, nous n’avions pas cessé notre sonnette d’alarme pour interpeler la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dénoncer ses dérives et même proposer des solutions qui devaient contribuer à rendre le processus transparent, impartial, inclusif et apaisé”, a-t-il écrit.
Malheureusement, poursuit Martin Fayulu, la CENI, soutenue par le pouvoir en place leur a réservé une fin de non-recevoir.
“Aujourd’hui, force est de constater que toutes les preuves de tricherie et de fraude électorale planifiées et exécutées par la CENI ont été remontées à la surface comme les attestent les différents rapports des missions d’observation électorale, a savoir la MOE CENCO et l’ECC.
C’est pourquoi, nous affirmons haut et fort qu’il n’y a pas eu élections en décembre 2023 en RDC, mais il y a eu plutôt un simulacre d’élections avec une fabrication de chiffres par la CENI au profit d’un candidat président de la République, des candidats députés ainsi que des candidats conseillers municipaux qu’elle a nommé”, a-t-il indiqué.
Dans la foulée, il a affirmé que la crise de légitimité du pouvoir persite toujours.
“Puisque nous rejetons catégoriquement les résultats de ce simulacre d’élections à tous les niveaux, la crise de légitimité persiste en RDC.
Celle-ci est aujourd’hui exacerbée par le tribalisme que le pouvoir en place utilise comme instrument politique de destruction de la cohésion nationale qui cimentait notre vouloir-vivre ensemble”, a-t-il martelé.
Avant d’appeler l’Union Africaine à se saisir de ce dossier.
“Nous en appelons donc au sens de responsabilité de l’UA de manière à ce qu’elle se saisisse diligemment de ce dossier pour que la RDC soit dotée d’institutions légitimes dont les animateurs sont choisis démocratiquement par le peuple congolais.
L’illégitimité des institutions et de leurs animateurs contribue à l’absence d’institutions crédibles et d’une capacité de défendre l’intégrité territoriale de la RDC et de protéger sa population”, soutient-il.
Martin Fayulu estime qu’il est inconcevable que des millions de Congolais soient tués depuis plusieurs années suite à la guerre non-conventionnelle provoquée par les éléments armés soutenus par le Rwanda sans que l’UA condamne fermement cela.
“Il est urgent de trouver une solution sur les questions des FDLR rwandais et des ADF ougandais dans le sens de les transférer hors du territoire congolais afin d’enlever aux dirigeants rwandais et ougandais le prétexte de la présence de leurs troupes respectives à l’intérieur de la RDC”, poursuit-il.
Dans cette optique, Martin Fayulu invite l’UA à condamner formellement le Rwanda et l’Ouganda pour avoir déstabilisé la RDC et mettre en place un mécanisme de cessation d’hostilités engagées par le M23 sous la direction de l’armée rwandaise.
“Les deux fléaux prérappelés, c’est-à-dire la crise de légitimité et l’insécurité dans la partie est du pays ont engendré une crise sociale aiguë, la paupérisation de la population, des tueries et massacres en Ituri, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu et plus récemment dans les provinces de Maï-Ndombe, Kwango, Kwilu et même à l’est de Kinshasa”, note le leader de l’ECIDé.
Christian kisila
Il souligne également que il faut ajouter les dégâts causés par la milice du pouvoir en place qui tue et malmène impunément tout citoyen qui émet un point de vue contre le régime.
Christian kisila
