Le procès de 40 personnalités de l’opposition tunisienne, accusées de complot contre la sûreté de l’État, s’est ouvert mardi 4 mars à Tunis dans un climat électrique. Parmi les inculpés figurent des politiciens, avocats, chefs d’entreprise et journalistes. Neuf accusés détenus ont été jugés à distance, une décision dénoncée par les avocats comme une atteinte au droit à un procès équitable.

À l’extérieur du tribunal, les manifestants réclamaient justice et transparence, dénonçant une instrumentalisation du pouvoir judiciaire. « Nous rejetons cette farce de procès », a déclaré un manifestant. En parallèle, certains citoyens soutiennent la répression, attribuant à ces figures politiques la responsabilité de la crise économique qui frappe le pays. « Ils nous ont ruinés », accuse Mohamed, un vendeur de poisson.

Depuis 2021, sous la présidence de Kaïs Saied, plusieurs opposants ont été arrêtés dans le cadre de lois sécuritaires controversées. L’ONU et des organisations de défense des droits humains alertent sur un risque de dérive autoritaire et appellent à garantir les libertés fondamentales. Ce procès, dont les prochaines audiences s’annoncent tendues, pourrait marquer un tournant décisif dans l’avenir politique de la Tunisie.

Deborah MBALA

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